Carmine Lauriente : « Je ne suis pas carolo pourtant j’❤ Charleroi »

Carmine « Carmelo » Lauriente est né en Italie dans une petite ferme entre Pescara et Rome. À l’âge de 18 ans, il vient rejoindre son papa en Belgique pour le travail. Début 1966, il finit par atterrir chez Glaverbel (aujourd’hui AGC). C’était l’un des plus jeunes, mais le travail et le risque ne lui faisait pas peur ! Tant qu’il gagnait suffisamment pour nourrir sa famille, c’est tout ce qui comptait pour lui. Sur le côté, il décide néanmoins de reprendre des cours du soir, afin de s’assurer un diplôme. Après la fermeture de Glaverbel, Carmelo décide d’investir avec son frère dans la reprise d’un dancing, le « Dynasty ». Après 6 années de succès dans ce secteur, il constate qu’il existe un réel problème d’approvisionnement pour les professionnels du bâtiment et décide de créer en 1988 Façozinc, une entreprise familiale dont le service sur mesure, la disponibilité, la rapidité d’exécution et la flexibilité deviennent rapidement les atouts majeurs. Aujourd’hui, l’entreprise de Carmelo est une véritable success story carolo présente partout en Wallonie et à l’étranger ! Fascinés par ce parcours qui force l’admiration, nous avons demandé à Carmelo de se prêter au jeu et nous expliquer pourquoi il ❤ Charleroi, même si il n’est pas carolo.

Qu’est-ce qui vous a amené à Charleroi ?

Comme beaucoup d’italiens dans les années 1960, mon père a émigré de son village natal dans le but d’offrir un avenir meilleur que le sien à ses enfants. Je l’ai rejoint pour travailler en 1965 et puis ma famille nous a rejoint. De la ferme, nous nous sommes passés de notre ferme italienne à une maison ouvrière à Gilly et c’est là que mon aventure carolo a commencé !

Aviez-vous des préjugés sur la ville ? Quels étaient-ils ? Et en quoi ont-ils ou non changé ?

À l’âge de 18 ans, l’image que l’on a d’un pays comme la Belgique et de la ville de Charleroi en particulier est souvent fantasmé : j’imaginais un pays un peu gris mais moderne avec des voitures partout. Je n’étais pas encore en âge d’avoir des préjugés, j’étais plutôt heureux de rejoindre mon père et de nous voir enfin réuni. Charleroi était plutôt une promesse de nous voir enfin ensemble avec un niveau de vie plus confortable. Je vois toujours Charleroi comme une ville qui a accueilli ma famille et dans laquelle mes enfants ont vu le jour et se sont à présent installés. Alors que mon père est ensuite retourné en Italie, moi je suis resté ici en Belgique, mon pays d’adoption qui est aussi celui de mes enfants.

Selon vous, quelles sont les grandes qualités des Carolos ? 

Ces qualités n’ont pas changé à mes yeux. Dès mon arrivée, j’ai trouvé les gens généreux, sympathiques, sincères et dotés de beaucoup d’humour. Des gens avec un énorme sens de l’accueil qui nous ont permis de nous intégrer facilement. J’ai retrouvé dans nos rapports avec les Carolos la chaleur que nous avions laissée derrière nous. Depuis toujours, Charleroi a accueilli les nouveaux venus en les considérant comme les siens. Surtout à l’école, ou plutôt en cours du soir car c’est là que j’ai suivi une formation de plombier zingueur, où il était normal de côtoyer des gens issus d’horizons différents et où les amitiés naissent indifféremment des origines tant sociales que culturelles… Certaines de ces amitiés d’enfance et d’adolescence sont toujours vivantes aujourd’hui. Même si le carolo est parfois taquin, cette familiarité qui leur est propre permet vraiment d’aborder quiconque avec bienveillance.

Si vous deviez décrire Charleroi en un mot, quel serait-il et pourquoi ? 

Pour les gens de ma génération, le mot sera souvent « INDUSTRIEL ». Pas dans le sens de l’industrie lourde, mais dans le sens lié à l’innovation. J’ai toujours été fasciné par ce grand village qui a été si important durant la révolution industrielle, qui a su développer des techniques à la pointe du progrès, souvent les meilleures techniques au monde. Pour ne prendre que quelques exemples, on pourrait citer les inventions dans le domaine du verre, du charbon et de la sidérurgie. Il faut s’imaginer que les gens voyaient Charleroi autrefois comme on regarde la Sillicon Valley aujourd’hui. Même si cette image s’est estompée au fil du temps, certains domaines ont su prospérer (le verre notamment) et d’autres ont vu le jour. Nous arrivons peu à peu à un tournant décisif dans l’image que Charleroi reflète, tant envers elle-même que vers le regard que les autres portent sur elle.

Quels sont vos 3 QG à Charleroi ? 

Mon premier QG est Façozinc, mon lieu de travail évidemment ! C’est l’endroit où je passe le plus clair de mon temps, au grand dam de ma femme et de ma famille, même si je commence peu à peu à lâcher prise.

Mon second QG est évidemment la maison familiale dans laquelle j’ai eu la chance de voir mes enfants et petits enfants grandir. Nous essayons de nous y retrouver le plus souvent possible autour d’un bon repas.

Pour finir, j’affectionne de bien manger et citerai par exemple l’Athena, un restaurant grec dans le centre-ville où nous avons nos habitudes.

Vous sentez-vous Carolo, si oui, de quelle manière ? 

Je crois que ce n’est pas particulièrement lorsqu’on est à Charleroi qu’on se sent carolo, mais plutôt au moment où on sort de notre ville. C’est à ce moment-là qu’on revendique notre amour pour cette ville tellement souvent critiquée à tort.

SPREAD THE WORD!
Facebook
LinkedIn
Instagram